" Dieu, le Sexe, le Handicap "
Publié le 18 Juin 2014
Il faut le dire et le répéter il y a des évidences trop oubliées !
Spiritualité et Sexualité ne sont pas étrangères aux personnes handicapées : il est étrange que certains puissent le considérer différemment !!
Que cela fasse problème dans notre société est un signe ou un lapsus dévoilant que les personnes handicapées lui sont comme d'étranges étrangères !!!
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« " Dieu, le Sexe, le Handicap "
Pourquoi si peu de monde s’exprime au sujet de cette triade de mots qui chacun pris isolément, sont pourtant très utilisés sur internet ?
J’ai fait un petit test mondialisé sur la toile, version langue anglaise sur Google début mai 2014, le mot « God » recueille 1,86 milliard de résultats, le mot « Sex » 1,88 milliard et le mot « Disability » 1,08 milliard.
Au jeu des duos de mots dans n’importe quel ordre, les résultats naviguent entre 60.000 et 1,7 million.
Quant aux triades, ces trois mots associés, quel que soit leur ordre, ont un décompte nul ou égal à un seul résultat !!!
"D S H" est-ce une triade trois fois honteuse ou explosive que personne ne veuille l’employer ? (Attention il n'y a là rien de politique)
Sur ce blogue en page 2 de l’article de septembre dernier j’écrivais un peu pompeusement du sexuel au spirituel l'humain n'est qu'Un et ici j’ajoute : l’handicapé(e) aussi !
Rien de plus singulièrement humain qu’une personne handicapée, n’est-ce-pas ?!
La spiritualité et la sexualité font très humainement partie de la vie des personnes en situation de handicap et les nourrissent identiquement aux autres humains.
En théorie du moins car en pratique la société estime que les obstacles (à leur réalisation) liés aux handicaps ne sont pas suffisants et multiplie pour eux les difficultés d’accessibilité tous azimuts, là aussi !! Et ce, bien au delà de l'accessibilité matérielle des transports et des batiments.
Est-ce le côté identique qui gêne ?
DIEU
Un mot de quatre lettres dont trois voyelles, et dont l'origine de la notion se perd dans la nuit des temps protohistoriques mais dont l'idée : "l'Idée de Dieu " me semble absolument géniale même si elle a été triturée dans tous les sens au cours de l'histoire de l'Humanité.
Platon, élève de Socrate, a beaucoup travaillé sur le Monde des Idées qu'il plaçait au dessus des Dieux de la Grèce antique : une abstraction, une idéale virtualité, un guide absolu pour le comportement des Hommes, guide qui semble avoir évité le pire, malgré les guerres perpétrées en son nom, et épargné à l'Humanité un chaos destructeur inévitablement croissant au fur et à mesure de l'émergence de notre conscience individuelle et personnelle d'être humain qui se vit comme le centre du monde !
C'est la puissance de fusion collective de cette Idée de Dieu sur les hordes primitives de fragiles humains qui a garanti leur cohésion groupale tout autant et peut-être même d'avantage que les puissances de la sexualité, de la nécessité de se nourir ou de se défendre . La force de cette Idée a sans doute évité l'extinction de notre espèce naturellement faible (par comparaison à d'autres espèces animales naturellement beaucoup mieux adaptées mais qui, elles, ont disparu). Depuis des millénaires cette puissance de fusion a prévalu sur la puissance de dispersion de la conscience individuelle. Cette Virtualité des Idées semble avoir sauvé la cohésion de l'Humanité jusqu'à présent face à la Virtualité de la Conscience Individuelle.
Mais aujourd'hui la tendance s'avère devoir s'inverser sous la pression de notre civilisation techno-scientifique de consommation (du moins en Occident) qui favorise outrageusement l'individualisme aux dépends de la solidarité. Les grandes religions l'ont compris et s'efforcent laborieusement à l'œcuménisme pour resserer et solidifier des liens inutilement distendus par l'histoire, certains incroyants eux aussi l'ont compris, ils s'emploient donc au développement des spiritualités laïques personnelles.
Anthropomorphisme de la Déesse Mère dans la Nature
La sphère des profondeurs de l'intime dans toutes les densités humaines est à l'ordre du jour et chacun navigue au gré de ses humeurs, de la pudeur à l'exhibitionisme au plan physique, de la dignité à l'indécence ou au spectacle de soi au plan psychique, du privé à l'ostentatoire au plan spirituel ou religieux. Le tout dans une dérégulation des repères moraux où tout le monde "perd son latin", (comme on disait autrefois) devant un avenir incertain.
Parler de Dieu est peut-être aussi indécent que de parler de sexe !? À regarder à travers le monde les officiants de la plupart des cérémonies religieuses qui sont couverts traditionnellement de nombreux vêtements spéciaux, on pourrait le croire !
Quand je pense ou écris à ce sujet, quand je parle de Dieu, je donne à voir, à entendre, à sentir, à palper.....mon intimité... infiniment plus que quand j'expose mon corps dans un camp de nudistes, car la limite entre l'extérieur et l'intérieur de moi-même a été franchie, la limite de mon "moi-peau" comme dirait Didier Anzieu.
Pour être provocateur (même en édulcorant le sens des mots) je pourrais dire que le mot "dieu" (sans majuscule) est l'un des mots des plus obscène du vocabulaire universel (obscène étant pris comme ce qui dévoile mon intimité). Ce mot ouvre mon cerveau, principal organe sexué de mon corps, il ouvre ma pensée de fond en comble, de la cave au grenier (symboles psychanalytiques), du nord au sud et d'est en ouest (symboles chamaniques), il a même la capabilité de me rendre fou d'impudeur !!!
le Sexe
Trouvé dans une librairie monastique un livre au titre surprenant en ce lieu : "La profondeur des sexes, pour une mystique de la chair" de Fabrice Hadjadj philosophe contemporain et auteur de théâtre, mais la première fois que j'y mis le nez (et les yeux, pour lire c'est mieux !) je fus rapidement pris de vertiges intellectuels beaucoup plus que sexuels : un vrai tourbillon d'idées nouvelles, de citations et références tous azimuts anciennes et modernes, avec une érudition qui m'a semblé paranoïde (et non pas paranoïaque) {paranoïde, mot ici édulcoré et privé de son côté pathologique, signifiant pour moi : "qui part dans tous les sens"} , le tout dans un style brillant savoureux parfois cru mais éliptique, allusif et déconcertant. J'en fus, pour mon grade de néophyte en philosophie et littérature, tout "époustouflifié"!!!
Je serai, dans ce qui suit, infiniment plus modeste prudent et anodin. En effet tout individu masculin s'aventurant à écrire sur le sexe est vite soupçonné d'être pornographe, donc pour pallier à cet inconvénient je commence sur un paradigme féminin.
Kunapipi la Déesse Mère des Aborigènes d'Australie du nord
Dans les sociétés patriarcales (pas toujours si anciennes que cela) hiérarchiques (pas si chic que cela) autoritaires et violentes, plutôt psychorigides, survoltées et basées sur le rapport de forces, la concurrence, la prestance, l'efficience, la vitesse et la guerre : comment les femmes dites du "sexe faible" s'en sont-elles sorties plus vivantes que jamais à l'heure d'aujourd'hui ?
Comment s'épanouir en tant que femme dans un univers machiste ? Comment expliquer leur résilience ? Quel modèle comportemental d'apaisement peut-on en recueillir ? Comment les hommes peuvent-ils dévérouiller leur féminin intérieur (leur "anima" dirait C.G. Jung) sans démériter de leurs qualités masculines ?
Ma petite analyse sans doute quelque peu simpliste (mais j'attends vos opinions pour l'étoffer) m'invite à dire que, dans cet univers de brutes, les femmes depuis des siècles et des siècles ont, tout en douceur mais non sans douleur, fait naître de la Beauté et de l'Amour en ce monde, à travers et malgré leur fragilité physique vis à vis de la violence.
Quelle magnifique et salutaire réussite !!!
Mais comment ont-elles joué ? Qu'en sais-je ? Presque rien !
Jouer de lenteur avec le temps ? Sûrement
Jouer de candeur avec l'orgueil ? Probablement
Jouer de splendeur avec la Vie ? Authentiquement
Jouer de profondeur avec la Mort ? Compassionnellement
Jouer de l'ampleur des sentiments et des pleurs ? Evidemment
Jouer de ferveur avec l'engendrement ? Cordialement
Jouer de rigueur avec l'intendance de la maison ? Joyeusement
Jouer de l'amour de la beauté, de la Beauté de l'Amour ? Sacrément
Jouer de l'ardeur de l'érotisme ? Courageusement .......
Tiens, à propos de l'érotisme féminin, bien plus vaste que le masculin, j'aimerais faire une modique remarque sur l'étendue et l'efficience de l'autoérotisme féminin beaucoup plus sensuel que sexuel et biophysiologiquement déployé depuis des millénaires.
Les femmes savent jouer avec magnificence, de et avec leurs corps, leur autoérotisme est considérablement plus varié et riche que celui des hommes: il y a là pour eux une grande source d'inspiration !
Ashérat Déesse Mère épouse d' El en Phénicie et de Yahvé en Judée au VIIèmesiècle av.J.C.
Mais ce ne peut être un "copier/coller" bien sûr ! À chaque homme d'inventer son équilibre autoérotique, sans doute plus sexuel, sans chercher la performance mais le bien-être intérieur physique et psychique, en affinant la connaissance et l'amour de soi-même sans excès en accord avec ses rythmes biologiques, en élargissant ses zones de plaisir corporel, en acceptant et respectant sa vulnérabilité, en travaillant son éthique sexuelle personnelle et relationnelle "en solo" d'abord.......un autoérotisme holistique du sexuel au spirituel en passant par un Eros assumé dans une trialectique de l'Amour (p.12) (c'est ainsi que l'onanisme ordinaire devient "masturblimation", n'ayons pas peur des mots !).
Immense et respectueuse éducation à l'amour en commençant par soi-même et sans pudibonderie : c'est une très belle leçon que nous donnent les femmes conscientes et responsables de leur rôle sociétal. Nous sommes là, à cent lieues de la pornographie dont une sociologue américaine déclare qu'elle est une"crise de santé publique" aux Etats-Unis (professeur Gail Dines du Wheelock Collège de Boston).
le Handicap
Le handicap de nombreux hommes (dont certains sont très médiatisés, à noter que je ne fais toujours pas de politique) en ce domaine de la sexualité est d'avoir choisi la triade "le Pouvoir, le Sexe, l'Argent" : c'est un vrai handicap par la nécessité de nombreuses "conquêtes" dévoreuses de temps et d'énergie afin de simplement assouvir leur sexualité déficiente en autoérotisme holistique. Cela les rend aussi très fragile en face de la puissance du "business" pornographique parfois soutenu (il faut bien le dire !) par des femmes. Cela enfin les expose plus que de raison, au processus de violence vis à vis des femmes en cas de frustration.
Selon une récente enquête mondiale de l'O.M.S. une femme sur trois est soumise à la violence masculine (en particulier conjugale) ce qui fait : 1,176 milliard de femmes violentées à travers le monde c.a.d. 18 fois la population actuelle et totale de la France : inimaginable !!!
Bien-sûr je ne mets pas la déficience autoérotique comme seule cause de cette violence séxuée des hommes, mais cela fait quand même beaucoup de handicapés de la sexualité !!!
Et combien de handicapé(e)s de la spiritualité, me demandez-vous ? Quelle est votre estimation ? Beaucoup à coup sûr !
Dans l'hésitation j'ai fait le même petit test Google : pour "handicapé de la spiritualité" un seul résultat et 167 pour "handicapé spirituel" alors que pour "spiritual disability" 1470 résultats !!! Incroyable !!!
Distorsion vraisemblablement astronomique entre Réel et Réalité !!! À mon sens nous sommes tous, nous les Humains, des handicapés du Spirituel , tout comme nous sommes tous, aussi, des handicapés du Réel (p.16) !!!
Fondus dans cette énorme masse de handicaps, du sexuel au spirituel en passant par le réel, ceux qu'on nomme habituellement "les personnes en situation de handicap" ne sont qu'en continuité avec tous les autres, avec leurs difficultés propres en matière de sexualité et de spiritualité, seulement leurs handicaps eux se voient et s'entendent, alors.................. dans la multitude des "Handicachés" les Handicapés ne sont que la partie visible de l'iceberg !
Certaines personnes handicapées ont poussé à l'extrème leur caractérisation en ces deux domaines (comme ont pu le faire aussi des personnes valides), je pense à de grand handicapés comme Marcel Nuss très sexualisé et quasi totalement immobilisé par une génopathie, il promeut le mouvement d'assistanat sexuel pour les handicapés dans sa situation (il n'a pas accès à l'autoérotisme sexuel de part son handicap) ou telle Marthe Robin paralysée depuis 1928 très spiritualisée et fondatrice d'un mouvement religieux catholique reconnu (décédée en février 1981).
Que c'est beau un iceberg sous les effets vertigineux des lumières d'une aurore boréale !!!
Dr Edlydol'
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